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17/09/2012

POURSUIVI PAR LE REGIME OUATTARA POUR VOL A LA BCEAO : KATINAN DONNE DES COURS D'ECONOMIE A OUATTARA ET SA BANDE

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Katinan à propos du fonctionnement de la Bceao : «Ni le ministre de l’Economie, ni le ministre du budget ne signe sur des comptes à la Bceao»

«L’Etat ivoirien, à travers le Trésor Public, a ouvert des comptes dans les livres de la BCEAO. L’un des comptes le plus important est celui tenu par l’Agent Comptable Central du Trésor (ACCT). Ce compte reçoit chaque jour les recettes collectées par les principales régies financières de l’Etat que sont la Direction Générale des impôts (DGI), la Direction Générale des Douanes (DGD) et accessoirement par la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT) communément appelé Trésor Public. Ce compte est mouvementé par la seule signature de l’ACCT. C’est à partir de ce compte que tous les autres comptes du Trésor sont alimentés. Les signataires de ces sous comptes sont tous des comptables publics. Sur la base des fonds mis à leur disposition par l’ACCT, ils effectuent le paiement des dépenses publiques arrivées à maturité après avoir suivi toutes les étapes prévues par la procédure des dépenses publiques.
Par exemple à la fin du mois, en fonction de la position nette de son compte à la BCEAO, l’ACCT vire sur le compte de celui que tout le monde appelle le Payeur Général, la somme correspondant à la masse salariale arrêtée chaque mois par la Direction de la solde de la Direction Générale du budget. C’est le Payeur Général du Trésor (PGT) qui vire à partir de son compte crédité en amont par l’ACCT, sur les comptes des fonctionnaires ouverts dans les livres des banques privées les salaires de ceux-ci.
Comme l’on peut bien le constater, ni le Ministre de l’Economie, ni le Ministre du budget ne signe sur des comptes à la BCEAO.
Je tiens à préciser que le Ministre Désiré Dallo, s’appuyant sur l’expertise avérée des grands cerveaux qui compose le Ministère de l’Economie et des Finances, a géré les Finances de l’Etat dans le respect de l’orthodoxie budgétaire. Malgré la crise, le Gouvernement du Premier Ministre Aké N’Gbo a fait fonctionner l’Etat sur fonds propres. Ainsi, les salaires des fonctionnaires des mois de décembre, janvier, février et mars avaient été versés sans aucun concours direct de la BCEAO. Le Gouvernement avait déjà programmé la prise en compte des augmentations des salaires que le Président GBAGBO avait accordées à certaines catégories de fonctionnaires de l’Etat dont les diplomates, les secrétaires, les informaticiens, les sages-femmes etc.
(…).
Le Gouvernement du Premier Ministre Aké N’Gbo a donc fait fonctionner l’Etat sur les recettes de l’Etat. Si c’est ce que les mauvais esprits veulent faire passer pour du vol, il faudra bien admettre qu’il y a beaucoup de receleurs encore en liberté en Côte d’Ivoire. Mais ils savent personnellement que leurs propos manquent de crédit. Ils en auraient peut-être, si à leur arrivée, considérant que les fonctionnaires et agents de l’Etat avaient été payés avec de l’argent volé par le Gouvernement Aké N’Gbo à la BCEAO, ils décidaient, pour éviter de ternir l’honorabilité de ces fonctionnaires de leur payer derechef les mois pour lesquels ils avaient déjà perçu de l’argent.
Il est bon de savoir que du 4 décembre 2010 au 7 mai 2011, le seul gouvernement qui avait la légitimité et la légalité d’engager les dépenses de l’Etat parce que constitutionnellement investi à cette fin, reste bien le gouvernement Aké N’Gbo. Or nous savons que pendant ce temps, la BCEAO depuis DAKAR, a effectué des paiements au profit d’une association privée qui s’était réunie au Golf et qui n’avait aucune légitimité de recevoir des fonds de l’Etat. En droit c’est ce que l’on appelle le vol. Et toutes les personnes au sein de la Banque Centrale qui se sont rendues coupables de cette forfaiture répondront de leurs actes un jour, même à leur retraite.
Par ailleurs, j’entends également dire par certaines personnes qu’il y aurait eu vol à la BCEAO parce qu’à leur arrivée, il n’y avait plus d’argent dans les caveaux de la BCEAO.
A l’attention de nos compatriotes, je voudrais faire les précisions suivantes.
La BCEAO est la banque de deux sortes de clients essentiels :
- l’Etat
- les banques commerciales.
Chacune de ces entités détient dans les livres de la Banque Centrale des comptes sur lesquels elle fait des opérations de dépôts et de retraits comme chacun de nous le fait à sa banque. Lorsque les Receveurs des impôts ou de la Douane effectuent des dépôts sur les comptes du Trésor Public ouverts à la BCEAO, l’Etat en dispose pour fonctionner comme par exemple, payer les fonctionnaires.
Les banques commerciales sont également obligées de déposer leurs avoirs à la BCEAO. Les banques commerciales ne sont autorisées à avoir dans leur coffre de l’argent au-delà d’un plafond que je tais volontairement pour ne pas exposer nos banquiers. Toutes les sommes qu’elles détiennent au-delà de ce montant sont versées sur leurs comptes ouverts à la BCEAO. D’ailleurs, les assurances ne couvrent les sommes détenues dans les coffres des banques commerciales que dans la limite du plafond autorisé. L’Etat et les banques commerciales étant les macro-acteurs financiers, leurs rapports avec la Banque Centrale donnent l’opportunité à celle-ci de recycler l’argent à un double niveau.
D’abord, toutes les sommes d’argent qui circulent dans un pays à faible taux de bancarisation comme le nôtre, ne sont pas forcément dans des circuits bancaires.
Ensuite, même étant dans les circuits bancaires, l’usage des billets de banque les détruit. Or tout le monde sait que la faiblesse des moyens de paiement électronique et le peu de confiance accordée au chèque font des billets de banques, l’instrument de paiement privilégié de nos concitoyens. La négligence qui entoure l’usage des billets de banque les expose à des destructions prématurées.
Pour renouveler la masse d’argent sortie du réseau bancaire pour plusieurs raisons (les billets détruits par exemple), la banque centrale reçoit régulièrement des nouveaux billets ou rachète les billets de sa zone qui sont en circulation dans d’autres zones monétaires. Il est en effet constant que le CFA qui reste une devise relativement forte dans la zone ouest africaine soit détenue en quantité énorme au Nigéria, en Guinée ou au Ghana. Cela constitue autant de déperdition de la monnaie et la BCEAO est tenue de racheter ou alors de renouveler par de nouveaux billets de banques qu’elle émet.
Or, notre banque centrale a décidé, depuis la crise ivoirienne, de faire de la politique et de choisir les Présidents de la République de nos Etats, agissant en cela par procuration de ses vrais maîtres qui se trouvent bien au-delà des frontières africaines sur l’autre rive de la méditerranée. En Côte d’Ivoire, depuis la réunion des ministres de l’Economie et des Finances de la zone UEMOA tenue à Bissau le 21 décembre 2010, les agences de la Place d’Abidjan n’ont plus jamais été ravitaillées en nouveaux billets. Lorsque, en Février 2011, les banques commerciales ont été sommées de ne plus collaborer avec la BCEAO, elles ne faisaient plus de dépôts. Les entreprises elles-mêmes, par crainte d’être asséchées, faisaient de la thésaurisation au-delà du normal. A partir de cet instant, la banque centrale enregistrait plus de sortie d’argent que d’entrée dans la mesure où, ceux qui détenaient des positions nettes positives dans les comptes de la BCEAO comme l’Etat, et qui continuait d’y verser ses recettes, étaient en droit de retirer leurs avoirs quand ils veulent, suivant leurs besoins. C’est la Loi bancaire. Le déposant reste maître de ses dépôts.
Dans ces conditions, comme un étang d’eau qui ne reçoit plus d’eau en amont s’assèche, la banque centrale s’asséchait. Il a fallu tout le génie des fonctionnaires du Trésor et des braves agents de la BCEAO pour gérer cette situation de rareté.
Faire croire aux Ivoiriens que les caisses de la BCEAO étaient vides parce que des personnes auraient fui avec des sacs d’argent est non seulement un gros mensonge, mais c’est surtout mépriser les Ivoiriens et insulter le courage et l’honnêteté des travailleurs de la BCEAO qui ont travaillé dans des conditions pénibles par amour pour leur patrie.
Je suis tout de même surpris par la compassion sélective de certaines personnes pour notre banque centrale. Il faudra bien admettre que le seul casse enregistré dans l’histoire de la BCEAO a été opéré par et pour le compte de ceux avec lesquels le ministre d’Etat partage le pouvoir d’Etat qui l’enivre tant. Ils ne vont tout de même pas falsifier l’Histoire récente de notre pays à coups de mensonges ou de négations des évidences.

Koné Katinan
Ex-ministre du Budget
Porte-parole du Président Laurent Gbagbo

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