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18/04/2012

Côte d'Ivoire. Les FRCI installent un camp de concentration à Duékoué

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Les populations de Duékoué, plus particulièrement les autochtones Wê (Guéré) vivent actuellement dans la peur et psychose. Et pour cause, la terreur que les troupes installées dans la ville font subir à ces populations est sans commune mesure.

Pour traquer et terroriser les Wê. Les FRCI installent un camp de concentration à Duékoué

Les populations de Duékoué, plus particulièrement les autochtones Wê (Guéré) vivent actuellement dans la peur et psychose. Et pour cause, la terreur que les troupes installées dans la ville font subir à ces populations est sans commune mesure.

Selon des informations recueillies, en moins d’une semaine, ce sont 11 corps qui ont été retrouvés dans la banlieue ou dans les forêts environnantes de la ville de Duékoué. Et des témoignages concordants indiquent que les Frci sont les auteurs de ces massacres qui visent principalement les autochtones Wê. D’autant plus que sur les 11 corps découverts, seul un Togolais figure sur la liste ; les autres étant des Wê. En effet, ce jeudi, des pêcheurs Bozos ont repêché trois corps dans le Sassandra : le jeune Bolo lui a été éventré quand les deux autres avaient les yeux arrachés. Des sources sur place rapportent qu’il y a quelque temps, les Frci ont arrêté des jeunes Wê dont on n’a jusque-là pas de nouvelles. Des éléments Frci sont seulement venus déposer leurs habits
devant le camp des refugiés de Nahibly où ils résident.

Les populations Wê exclusivement dans le collimateur des FRCI

Les jeunes Wê sont décidément dans le collimateur des hommes du général de division Soumaila Bakayoko, chef d’Etat-major général des Armées. Et une stratégie a été spécialement concoctée pour traquer et embastiller ces jeunes qualifiés de «braqueurs». En effet, les Frci, sous prétexte que ce sont les jeunes du camp de réfugiés de Nahibly qui sortent dans la journée pour s’adonner aux braquages sur les routes, ont installé des barrages aux deux extrémités dudit camp. Ainsi, lorsque ces jeunes, essentiellement des Wê,reviennent les soirs de la ville où ils ont quelques petites activités, ils sont arrêtés et conduits pour les plus chanceux dans un camp des Frci et pour les moins chanceux vers une destination inconnue. La terreur est telle que ces derniers jours, les populations Wê vivent une psychose généralisées et refusent donc de sortir.

Contrairement aux populations Wê à qui les Frci font boire le calice jusqu’à la lie, les populations Malinké et celles d’origine burkinabé bénéficient de la protection et du bouclier des soldats d’Alassane Ouattara. En effet, vendredi dernier, des jeunes Malinké et Wê ont concomitamment été arrêtés au cours d’une rafle des Frci. Curieusement, tous les jeunes Malinké ont été relaxés, mais leurs camarades Wê sont maintenus en détention. En outre, il y a moins d’une semaine, des allogènes burkinabè ont été pris en possession d’armes de guerre par la gendarmerie.

Mais nonobstant ce flagrant délit, les soldats des Frci sont intervenus pour obtenir leur relaxation immédiate. Le vendredi dernier, d’autres allogènes burkinabè qui détenaient aussi des armes et des treillis ont été arrêtés par les Frci qui les ont ensuite remis à la police ; contrairement aux jeunes Wê qu’ils traitent de braqueurs et qu’ils ont soumis à un traitement inhumain.

De l’avis des populations, les Frci sont de véritables tortionnaires au point où certains n’hésitent pas à qualifier leur base de Duékoué de camp de concentration. Ulcérées par les enlèvements, séquestrations, tueries et autres disparitions en cascadent, les femmes Wê ont manifesté devant le camp des Frci en fin de semaine dernière pour crier leur ras-lebol. Ainsi, avec l’intervention des autorités de la ville, de nombreuses personnes illégalement détenues jusque-là ont été libérées - au nombre desquelles de nombreux innocents et des élèves dont personne n’imaginait la présence en ces lieux. En tout cas, selon des témoins, c’était la stupéfaction face à ce constat ahurissant. Toutefois, les biens qu’ils possédaient ont été confisqués par les hommes d’Alassane Ouattara.

Benjamin Silué

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