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29/11/2011

Inscriptions en ligne : Celpaid ( l'entreprise du ministre de ouattara, Sanogo Mamadou) au coeur d’un scandale

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L’innovation du nouveau régime en matière d’inscription des élèves du secondaire au titre de la rentrée scolaire 2011-2012 montre chaque jour un peu plus ses limites. Le montage est trop gros et la mayonnaise tarde à prendre. Surtout avec ce qui se passe à l’intérieur du pays. Et qui éclabousse l’entreprise du ministre Sanogo Mamadou.


L’innovation du nouveau régime en matière d’inscription des élèves du secondaire au titre de la rentrée scolaire 2011-2012 montre chaque jour un peu plus ses limites. Le montage est trop gros et la mayonnaise tarde à prendre. Surtout avec ce qui se passe à l’intérieur du pays. Et qui éclabousse l’entreprise du ministre Sanogo Mamadou.

Un fait qui s’est passé à Méagui, dans le sud ouest du pays, pose la problématique de l’opportunité d’une décision qui tend à dépouiller les agents de l’Etat de leurs prérogatives, au profit d’une entreprise privée appartenant à un membre du gouvernement. En l’occurrence le ministre Sanogo Mamadou de la Construction, promoteur des établissements Agitel. Les inscriptions au collège moderne KWF de Méagui sont arrêtées depuis le jeudi 17 pour ne reprendre que le mercredi 23 novembre. La raison de cette interruption, c’est qu’il a été découvert des faux billets d’une valeur de 670 000 FCFA dans l’enveloppe que l’agent CELPAID chargé a tenté de verser l’argent à la banque. C’est à la Banque Atlantique de Côte d’Ivoire (Baci) de Méagui, où ces fonds sont versés journellement, que ces faux billets auraient été détectés. Pour se tirer d’affaire, l’agent Celpaid du nom de Typheret, Burkinabé, pointe le doigt accusateur sur M. N’guessan Hyacinthe, l’agent de l’Etat chargé recueillir les frais d’inscription au sein du collège.

Le manque d’équipements

Cet incident a provoqué l’interruption des inscriptions pendant quelques jours, le temps qu’un compromis soit trouvé. Si elles ont repris effectivement depuis le 23 novembre dernier, beaucoup de questions restent en suspens. Pourquoi CELPAID n’a-t-elle pas doté le collège Kfw de Méagui d’un détecteur de faux billets, aux fins d’éviter pareille situation ? A défaut d’équiper ainsi l’établissement scolaire dont le rôle se limite à collecter des fonds pour le compte d’une entreprise privée, l’agent de CELPAID qui est seul responsable dans cette affaire de faux billets de banque ne méritait-il pas de disposer d’un tel appareil ? Etant seul à procéder au transfert des fonds du collège à la banque, l’agent de cette entreprise ne dispose d’aucune preuve pour attribuer aux agents de l’Etat la présence de faux billets dans les sommes qu’il a transportées à la BACI.

De l’opportunité de l’opération

Au-delà de cette affaire en particulier, ce qui se passe à Méagui et certainement dans la plupart des villes de l’intérieur du pays est la preuve qu’octroyer à une structure privée comme CELPAID le monopole de la collecte des frais d’inscription dans les établissements est une grave erreur. En effet, ne suffisait-il pas de doter les économats des établissements secondaires de matériels informatiques performants, notamment d’un logiciel comme Aster qui a fait ses preuves au niveau du ministère de l’Economie et des Finances, pour assurer un droit de regard efficace de l’Etat sur les fonds générés par les inscriptions dans les établissements secondaires ? Par ailleurs, pourquoi des travailleurs de l’Etat doivent-ils être ainsi obligés de travailler pour le compte d’un privé ? Dans la plupart des villes de l’intérieur, ce sont en effet les mêmes agents de l’Etat dont on met la compétence et la probité en doute, en confiant des tâches qui leur sont traditionnellement dévolus à des copains, qui continuent d’enregistrer les élèves et de manipuler les frais d’inscription. La seule innovation dans ces contrées donc, c’est que CELPAID veille au grain, juste pour leur arracher les recettes et les déposer à la banque. En s’octroyant au passage de très intéressantes commissions pour un travail dont la valeur ajoutée reste toujours à trouver. Au nom d’un deal gagnant-gagnant entre des personnes qui orchestrent la privatisation de l’Etat à leur profit et qui se sucrent ainsi sur le dos du contribuable ivoirien.

11:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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