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27/10/2011

« Cadeaux » à Bouygues, spéculation sur le CFA : Ouattara complice et coupable !

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En 1991, ADO, Premier ministre de la Côte d’Ivoire et son gouvernement, cèdent la commercialisation de l’eau et de l’électricité au plus grand bétonneur de France, Martin Bouygues. Martin, l’un des meilleurs amis de Nicolas. ADO est aussi l’ami de Nico, maire de Neuilly à l’époque, qui deviendra ministre du Budget 2 ans plus tard.


Alors que François Copé, patron de l’UMP, le parti de Sarkozy, vient de claironner que Nicolas Sarkozy a mis fin à la Françafrique, les révélations de reflets.info, le site d’investigation qui a le vent en poupe en France, remonte le fil des «grosses affaires» qui ont enrichi le groupe Bouygues au détriment des Ivoiriens, et évoque des « trains entiers » de FCFA transportés en Europe avant la dévaluation de 1994. Alors que Ouattara contrôlait la BCEAO et Sarkozy le ministère du Budget en France. Pour l’instant, la presse parisienne majoritaire ferme les yeux. Pour l’instant.

Alassane Dramane Ouattara (ADO) a été nommé au poste de Premier ministre (créé pour l’occasion) en novembre 1990. Ce grand ami déclaré de Nicolas Sarkozy, devenu "président" de la Côte d’Ivoire en mai dernier après le coup d'état de la France contre le Président Laurent GBAGBO, a entre autres, vendu les entreprises publiques de Côte d’Ivoire par petits morceaux à Bouygues, un autre grand ami du « président de la République irréprochable ».Ah, comme il est bon de s’entraider entre amis de 20 ans ! Voyez plutôt le président actuel de la Côte d’Ivoire et son vieux pote Nicolas, une idylle parfaite. Mais comment ces deux là se connaissent-ils ? Pourquoi autant de mamours et d’attentions ? Revenons quelques années en arrière. En 1991, ADO, Premier ministre de la Côte d’Ivoire et son gouvernement, cèdent la commercialisation de l’eau et de l’électricité au plus grand bétonneur de France, Martin Bouygues. Martin, l’un des meilleurs amis de Nicolas. ADO est aussi l’ami de Nico, maire de Neuilly à l’époque, qui deviendra ministre du Budget 2 ans plus tard. Le déroulement de cette « privatisation éclair » sans appel d’offre est décrit par des témoins de la façon suivante : « Martin Bouygues est arrivé en avion privé le samedi matin, le soir même il repartait avec la commercialisation des marchés de l’eau et de l’électricité. Pour l’entretien, l’exploitation technique, tout restait à la charge de l’Etat ivoirien.» Faudrait pas pousser non plus. Deux ans plus tard en janvier 1993, l’assemblée nationale ivoirienne réunie en session extraordinaire vient taper du poing sur la table à propos du programme de privatisation du gouvernement. Ils ne sont pas entièrement contre les privatisations, les parlementaires ivoiriens, mais ils veulent encadrer tout ça et « expriment de sérieuses réserves et inquiétudes quant à la manière dont le programme est conduit par le gouvernement ».

Spéculation par anticipation

En mars 1993, Ballamou 1er, le bien nommé (ndlr Edouard Balladur), devient Premier ministre de la France. Aidé de son fidèle Nicolas (Sarkozy, ndlr) au Budget, Sa Sérénissime Seigneurie concocte discrètement une opération qui restera comme un coup de tonnerre dans l’économie ouest-africaine, la dévaluation du Franc CFA alliée à sa non-convertibilité. Cette même dévaluation dont personne ne voulait en Afrique de l’ouest, pas plus qu’en France, en tout cas avec le gouvernement (socialiste, ndlr) Bérégovoy.
Mais avant l’application de la dite dévaluation (de 50% tout de même !) de la monnaie ouest-africaine, il y a la non-convertibilité de la monnaie effectuée en septembre 1993. «La croissance durable sans ajustement monétaire» réaffirmée en février 93 par le gouvernement Bérégovoy n’est plus de mise avec Ballamou et Sarko quelques semaines plus tard. Cette non-convertibilité à venir a permis durant les quelques mois entre le projet et l’annonce du gouvernement d’Edouard, d’effectuer une spéculation massive qui a enrichi quelques petits malins mis dans la confidence. Au point qu’on a parlé à l’époque de trains entiers de billets de banque CFA circulant entre la Suisse et Londres pour conversion. Le montage de la dévaluation fut négocié entre la BCEAO (Banque Centrale d’Afrique de l’Ouest), la Banque Centrale française, le Trésor public, et les autorités politiques concernées. Et devinez qui était gouverneur de la BCEAO depuis 1988, avant d’être nommé Premier ministre, en 90 ? Ce cher ADO, qui à la mort du président Félix Houphouët-Boigny en décembre 1993, démissionne. Mais se retrouve l’année suivante propulsé Directeur général adjoint du…FMI.
Nous avons donc une meilleure idée de l’amitié notre «président aux mains propres» à l’égard d’ADO. Nicolas Ier qui déclarait sans ciller début 2008 : « Je pense que les temps ont changé et que la France n’a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique. C’est le rôle de l’Union africaine et des organisations régionales africaines. » Pensée présidentielle aussitôt suivie d’effet en 2010 avec l’intervention de la Force Licorne en Côte d’Ivoire et la «quasi arrestation» de Laurent Gbagbo par celle-ci, permettant à l’ami ADO de se hisser à la présidence. Mais c’est vrai : les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Bourgi est un petit joueur, et ses valises ressemblent à des cadeaux de consolations comparées aux retours d’ascenseurs que pratiquent les vieux amis.

11:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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