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27/10/2011

Après les « cadeaux royaux » à Bouygues, le prix de l’électricité va augmenter en Côte d’Ivoire

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Au-delà de la propagande du régime Ouattara qui nous promet des lendemains qui chantent, les semaines et les mois à venir s’annoncent difficiles pour les Ivoiriens.


En raison notamment des « cadeaux royaux » faits au groupe Bouygues par Ouattara, alors qu’il était à la Primature, puis Bédié, le secteur électrique ivoirien connaît un déficit chronique. C’est le contribuable ivoirien qui va en payer le prix, si l’on décrypte bien un article publié par un haut cadre de la Banque mondiale à Abidjan. Qui annonce aussi une hausse du prix du carburant.
Au-delà de la propagande du régime Ouattara qui nous promet des lendemains qui chantent, les semaines et les mois à venir s’annoncent difficiles pour les Ivoiriens. Pour pouvoir atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE, raillée par le RDR quand il était dans l’opposition, mais sans laquelle aucune pluie de milliards n’est possible, les institutions de Bretton Woods vont soumettre le pays d’Houphouët-Boigny à une médication de cheval. Un article de Emmanuel Noubissié Ngankam, chargé principal des opérations de la Banque mondiale à Abidjan, paru dans L’Espoir, la revue de l’institution, est très clair à ce sujet. «La Côte d`Ivoire est à la croisée des chemins et ne peut faire l`économie de grandes réformes dont certaines seront systémiques, dans des secteurs considérés comme névralgiques. Elles vont être douloureuses à maints égards, mais ce sera le prix à payer pour permettre à ce pays de redevenir ce qu`il n`aurait jamais dû cesser d`être». Parmi ces réformes, le cadre de la Banque mondiale évoque très clairement «une éventuelle révision des tarifs à la hausse» en parlant des factures d’électricité. A propos des prix du carburant, l’article indique qu’il faudra «pratiquer la vérité des prix dont la conséquence devra être une hausse des tarifs à la pompe». Sans ces mesures impopulaires, les institutions de Bretton Woods resteront inflexibles. Alassane Ouattara attend les élections législatives pour les mettre en œuvre sans subir de retour de bâton de la part de ses militants qu’il a bercés d’illusions autour du thème « demain, on rase gratis ». C’est aussi pour cette raison qu’il est pressé de les faire, alors que les conditions ne sont pas réunies et que l’opposition réclame en vain un dialogue politique sur certaines questions-clés.
Ces «contrats léonins» qui profitent au groupe Bouygues
Pourquoi la Côte d’Ivoire, à qui le même Ouattara a imposé une médication de cheval alors qu’il était Premier ministre – salaires à double vitesse, cartes de séjour pour les étrangers ouest-africains, fermeture des internats, disparition des avantages des fonctionnaires… –, doit-elle encore se serrer les coudes ? L’article du cadre de la Banque mondiale permet d’identifier les grosses erreurs de gestion qui mettent ses équilibres économiques en péril. Il pointe ainsi la réforme ratée du secteur électrique. Elle avait abouti, il y a plus de dix ans «au démantèlement de l`entité publique d`alors, l`EECI (Energie Electrique de la Côte d`Ivoire) et la mise en place d`un cadre institutionnel et opérationnel consacrant la cohabitation entre l`Etat (trois entreprises publiques) et des opérateurs privés, notamment la CIE (Compagnie Ivoirienne d`Electricité) concessionnaire du service public de l`électricité». Aujourd’hui, le secteur est plongé dans un «déficit financier persistant». Il n’arrive même pas «à couvrir ses frais d’exploitation a fortiori ses besoins d’investissement». Le constat de la Banque mondiale ramène aux révélations qui commencent à être diffusées en France sur les conditions de cession des pans les plus rentables du secteur électrique au groupe Bouygues, du temps d’Alassane Ouattara, qui avait pour témoin, lors de son mariage avec Dominique… un certain Martin Bouygues. «Martin Bouygues est arrivé en avion privé le samedi matin, le soir même il repartait avec la commercialisation des marchés de l’eau et de l’électricité. Pour l’entretien, l’exploitation technique, tout restait à la charge de l’Etat ivoirien», se souvient ainsi le site d’investigation reflets.info. Bien entendu, ceci explique cela.
Le secteur électrique va très mal, mais les perspectives de la holding Finagestion, désormais contrôlée par un fonds d’investissement dont le patron est Vincent Le Guennou, un ancien de Bouygues, mais dont Bouygues détient toujours 21, 5% des parts, sont sans doute très intéressantes, dans la mesure où ce type de fonds s’intéresse, par définition, à des entreprises à très fort potentiel de rentabilité ! Distributeur final d’électricité, le groupe CIE-SODECI est également propriétaire des centrales thermiques à travers sa filiale CIPREL. A travers Foxtrot, c’est Bouygues qui fournit le gaz à ces centrales. Dans son article, le cadre de la Banque mondiale dénonce « les dispositions léonines des contrats de gaz qui se sont révélées défavorables pour l`Etat ». Qui profite de ces dispositions léonines, taillées sur mesure sous Bédié ? Les frères Bouygues, entre autres !

Philippe Brou

10:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

deux adages Africain : 1- il ne faut jamais déféquer là où on mange
2-il ne faut jamais cracher en l'air
conclusion: effet boomerang

Écrit par : DESLAMP | 27/10/2011

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