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03/09/2011

URGENT!!! Duékoué: 200 jeunes wê en danger de mort

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S'étant inscris sur une liste de demandeurs d'emploi, ces jeunes sont considérés comme "miliciens" pro-GBAGBO...





Publicite Afrique



Sommés d’admettre un statut d’ex-miliciens, ces déplacés de guerre

craignent une épuration. Et un certain nombre d’indices alimentent la psychose. Quel sort leur sera-t-il réservé ?
Lancée le 25 août dernier par le programme national de réinsertion, l’opération de profilage des ex-combattants Fafn, des jeunes associés aux combats et des miliciens (pro-Gbagbo), prend fin aujourd’hui vendredi 2 septembre.
Si officiellement, l’objectif est d’actualiser les données en vue d’avoir une maîtrise des effectifs des populations à réinsérer dans le tissu socio-économique, il est à craindre qu’elle débouche sur une épuration au sein de la jeunesse de Duékoué. Plus de 200 jeunes d’origine Wê – qui comptent au nombre des populations qui ont trouvé refuge à l’église catholique de la ville – sont dans le viseur des Frci qui leur collent une étiquette de «miliciens pro-Gbagbo».
Depuis quelques jours, une campagne insidieuse est menée pour montrer que ces jeunes – qui disent ne pas être des ex-combattants – constituent une menace pour le pouvoir. Harcelés par les Frci et le Pnrrc, qui agissent de concert pour mettre au pas ces jeunes dont le seul tort véritable est d’avoir un profil de pro-Gbagbo, les pensionnaires du camp de réfugiés de l’église catholique de Duékoué ne savent plus où donner de la tête. Ils ont des appréhensions quant à leur sécurité et craignent pour leurs vies. «Nous sommes vraiment en danger. A tout moment, on peut nous faire passer pour des activistes et nous éliminer comme cela a été le cas pour beaucoup d’autres jeunes de la région. On nous présente à tort comme des miliciens. On nous dit qu’on veut nous trouver du travail et quand on s’inscrit, on brandit la liste pour nous traiter de miliciens. Aujourd’hui, on peut dire que nos têtes sont mises à prix», raconte un des concernés,l’air troublé.
Collusion Prnnc-Frci
Les faits remontent au dimanche 28 août dernier, lors du passage d’une équipe du PNRRC dans la ville de Duékoué. Une grande surprise attendait les jeunes wê déplacés qui ont trouvé refuge à la mission catholique. Alors qu’ils étaient censés être dans la ville pour profiler les éléments FRCI de la ville, les agents et responsable du Pnrrc conduits par M. Paul Lamah se déportent à la mission catholique en compagnie de l’adjudant Koné Daouda dit Konda, commandant Frci de la localité. Ces visiteurs d’un jour s’y sont rendus à la rencontre du père Cyprien Ahouré qu’ils ont informé de leur intention de procéder manu militari au profilage des jeunes qui ont trouvé refuge, au plus fort de la crise, au sein de cet édifice religieux.
Mission est donc confiée au curé de convaincre les pensionnaires du camp de fortune qu’abrite sa paroisse d’accepter d’être considérés comme «des miliciens pro-Gbagbo». Le commandant FRCI de Duékoué, un belligérant dans la crise postélectorale très connu dans la localité où des milliers de personnes ont été massacrées, sortira même de sa poche une liste des jeunes «miliciens» à désarmer. Ces derniers auraient été identifiés à l’avance et il s’agissait maintenant de les enregistrer dans les fichiers du Pnrrc.
Encore et toujours des tromperies
Les jeunes sont surpris. «De quelle liste s’agit-il ? Quand a-t-elle été établie et par qui ?», s’interrogent-ils. Après vérification, ils se rendront compte qu’il s’agit d’une liste élaborée à la demande d’une société minière qui proposait du travail aux jeunes désoeuvrés de la région. «Liste des jeunes sans emploi déplacés à la mission catholique», pouvait-on lire sur ce document. «Nous avons été trompés. On nous a proposé du travail pour avoir notre identité afin de nous maitriser. Mais nous n’avons rien fait de mal. Il y a un lien malsain entre cette fameuse entreprise et les Frci. Il y a des raisons de s’inquiéter», déclare K.A, un autre jeune pensionnaire de la mission catholique.
Le commandant des FRCI exige que tous ceux qui ont leurs noms sur la fameuse liste viennent se faire profiler. Refus des jeunes qui, après des concertations et malgré les interventions de l’homme de Dieu, ont compris que quelque chose se tramait dans leur dos. Sinon sur quelle base le Pnrrc décide-t-il de considérer comme «miliciens» des jeunes qui vivent tranquillement dans une paroisse ? Et qui attendent que cessent les exactions et autres exécutions sommaires perpétrées au quotidien par les Frci pour regagner leurs domiciles. La suspicion des jeunes wê est d’autant plus grande qu’il y a seulement quelques jours, l’ONUCI a organisé un semblant de cérémonie des éléments du chef de guerre burkinabé. Si tant est qu’ils sont considérés comme des miliciens, les jeunes se demandent pourquoi l’Onuci n’a pu se charger de les désarmer à cette occasion. Ils s’offusquent de ce que ce sont les Frci, belligérants dans la crise postélectorale particulièrement sanglante à Duekoué, qui ont été commis pour venir les enrôler.
A entendre les déplacés, l’opération d’enrôlement forcé initiée par le Pnrrc, en rapport avec les Frci, est le prélude à leur «élimination physique». On pourra les accuser de tout et rien pour justifier des tueries massives. D’hypothétiques caches d’armes pourraient servir de prétexte à de tels actes ignobles. Les exemples de ce genre ne manquent pas dans la région.
Des antécédents qui parlent
Dans la première quinzaine de juillet, 9 jeunes soupçonnés d’être des miliciens ont ainsi été exécutés. Ces jeunes ont été arrêtés à leurs domiciles, suite à une opération des Frci. Aussitôt, leurs parents se sont rendus au QG des forces dites républicaines avec lesquelles ils ont tenté de négocier pour obtenir la libération de leurs progénitures. En vain. Ils seront exécutés, leurs corps criblés de balles découverts non loin du village de Baoubly.
Il s’agit des frères Tehé de Guitrozon dont le père, un parent du ministre Kahé Eric, a parlementé pendant deux jours avec les ravisseurs de ses enfants sans pouvoir les faire entendre raison. La division des droits de l’homme de l’ONUCI s’était rendue sur les lieux du crime et avait constaté les faits. Et dans la même période, des jeunes détenus arbitrairement auront eu beaucoup de chance. Ils ont été libérés sur insistance de l’ONUCI, et particulièrement du contingent marocain

09:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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