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17/08/2011

Pour un T-shirt à l'effigie de Gbagbo...Les Frci tabassent un jeune homme à la Riviera...

«Qui t’a demandé de porter tricot là ?»,...«Faut pas porter ça parce que ça nous énerve !» un autre élément se saisit du couteau du vendeur de garba et se rue sur lui

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Alain W. n’oubliera pas de si tôt la journée de vendredi dernier, 12 août. Lui qui avait décidé, sans arrière-pensée, de porter un tee-shirt de campagne à l’effigie de Gbagbo, comme le font d’ailleurs de nombreuses personnes à Abidjan et partout ailleurs avec ceux d’Alassane Ouattara. C’était mal connaître les Frci...

Aux alentours de 13 heures 30 minutes ce jour-là, Alain W. va rendre visite à un de ses amis qui tient un maquis non loin du siège de la chefferie du village. Chemin faisant, il fait escale dans une cabine téléphonique gérée par un de ses amis. Arrive alors un véhicule de type 4 x 4 sans immatriculation, avec à son bord 4 éléments des Frci dont 2 en tenues civiles. Ils demandent à acheter du crédit téléphonique. Le gérant leur répond gentiment qu’il n’en a plus de la marque souhaitée et Alain W. les oriente vers une autre cabine située un peu plus loin. Après quoi, il se rend dans le maquis de son frère. A peine s’est-il assis, qu’un des 4 soldats lui fait appel, de façon très courtoise. Sans la moindre inquiétude, Alain, qui venait à peine d’échanger avec eux, le suit près de leur véhicule, stationné près d’un garbadrome.

«Qui t’a demandé de porter tricot là ?», demande un soldat. «Non, comme la guerre est finie on nous a dit qu’on pouvait porter nos t-shirts sans problèmes...». Il est interrompu net. «Faut pas porter ça parce que ça nous énerve.Si c’est en ville un élément zélé peut t’abattre cadeau. Enlève ça vite !». Au moment où il s’apprêtait à obéir aux injonctions, un autre élément se saisit du couteau du vendeur de garba et se rue sur lui pour déchirer le vêtement. Il est stoppé promptement par un des siens. Freiné dans son élan, il feint de partir avant de revenir donner un violent coup de poing à la tempe gauche de l’infortuné Alain W. qui réussit néanmoins à ôter le t-shirt. Il saigne, et a l’oeil tuméfié. Après avoir accompli la sale besogne, les éléments de la nouvelle armée de Côte d’Ivoire s’engouffrent dans leur véhicule pour quitter les lieux précipitamment.

Non sans proférer des menaces graves à l’endroit des badauds qui ont accouru voir le ‘‘spectacle’’. «Vous allez voir vous les gars d’Anono, si vous continuez comme ça, on va faire comme au Rwanda». Sans commentaire. Et dire que deux officiers supérieurs de l’armée ivoirienne avaient rassuré les populations d’Anono le 19 avril qu’elles étaient libres d’arborer les T-shirts politiques sans être inquiétées !

Un calvaire sans fin ?

Les jours se suivent et se ressemblent pour les populations ivoiriennes depuis le 11 avril 2011. Un calvaire sans fin, serait on tenté de dire. En cause, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire, - notre très chère nouvelle armée -, qui se distinguent par leurs exactions quasi quotidiennes sur les populations. Sans être inquiétés. Leurs éternels avocats défenseurs, qu’on retrouve exclusivement au sommet de l’Etat, ont déjà le vocabulaire rôdé pour justifier les traitements dégradants qu’ils font subir aux populations.

Un blanc-seing de fait pour continuer sur leur lancée et imposer le règne de la terreur. A quelles fins ? En attendant que les organisations des droits de l’Homme ivoiriennes emboitent le pas à l’Onuci, Human Rights Watch, Amnesty international…. les populations prient pour ne pas avoir affaire aux Frci. Non sans se rappeler avec désespoir le discours de victoire d’Alassane Ouattara le 11 avril 2011. «Je me donne deux mois pour pacifier le pays», disait le chef de l’Etat Alassane Ouattara. Nous en sommes à plus de quatre mois...

Brèves

Incroyable... mais vrai : Yopougon sous le contrôle des dozos

Descendus massivement sur Abidjan, fin juillet, pour un rituel dans la commune d’Abobo, les dozos ne sont plus retournés d’où ils sont venus. Ils ont été «silencieusement et méthodiquement» repartis à travers le district d’Abidjan. Yopougon en a reçu un lot important. Et depuis environ deux semaines, las certainement d’être cantonnés quelque part, ils ont «envahi» les rues. Malgré la forte présence des éléments Frci à Yopougon, les Dozos font aussi parler d’eux. S’ils ne sont pas à certains barrages associés aux Frci, ils érigent eux-mêmes leurs propres barrages. Comme jeudi dernier, à la Sicogi et à la Sogefiha. Où deux barrages de Dozos étaient solidement dressés.

Très nerveux, ils n’hésitent pas à se faire passer pour des forces régulières. «Celui qui n’a pas sa pièce d’identité, qu’il descende ! (nous avons fait l’effort de traduire leurs propos dans un français acceptable, ndlr)», crie l’un d’entre eux, le doigt sur la gâchette de sa kalachnikov à ce corridor de la Sicogi. Vendredi dernier, D. Franck rentrant à Yopougon-Niangon aux environs de 22h 30 minutes, emprunte un mini car communément appelé Gbaka, qui est arrêté à un barrage à la Sogefiha. Un dozo visiblement éméché et dandinant, raconte-t-il, fait signe au véhicule de garer, dans un français approximatif. Il fait descendre tous les passagers et les aligne.

Au menu, contrôle des pièces du véhicule, fouille au corps, contrôle de pièces d’identité. En réalité, seules les photos sur les pièces d’identité intéressaient les dozos. «Nous, on ne parle pas beaucoup, celui qui ne se reproche rien, il n’y a pas de problème. Parce que nous, on nous a envoyé ici pour sécuriser», explique celui qui fait office de «commandant» du détachement de Sogefiha. Les cas de Sicogi et Sogefiha ne sont pas des cas isolés. Au Sable, à l’entrée de Yopougon par le premier pont, un «détachement » de dozos ceinture le périmètre, de même qu’au nouveau quartier en allant

vers Mossikro. Patrouille pédestre, contrôle de personnes et des véhicules, c’est le menu quotidien de ces hommes «mystiques», bras séculier des Frci. Aujourd’hui, avec la prolifération des barrages Frci d’une part et exclusivement de dozos d’autre part, les populations de Yopougon mettent rarement le nez dehors, après 22 heures. «Vaut mieux rester chez soi, pour ne pas avoir affaire à ces gars-là», confie un habitant de Yopougon qui s’explique difficilement cette invasion de dozos dans sa commune. Ces dozos «travaillent» au vu et au su de tout le monde, sans que cela ne gêne outre mesure les autorités politiques et militaires.

Treichville : Le corps sans vie d’un Cdt Frci découvert

Les habitants de Belleville à Treichville étaient sous le choc hier. Et pour cause, ils ont fait la découverte hier matin d’un corps sans vie sous le pont de Belleville. Alertée, la police s’est rendue sur les lieux pour le constat d’usage. Selon les informations recueillies sur place, il s’agit de Coulibaly Moussa, un «commandant» des Frci, plus connu sous le nom de «chef Assalé tout contrôle» qui aurait «contribué» à la prise du commissariat du 6è arrondissement de Koumassi. Et jusqu’en milieu d’après midi, le corps sans vie de Coulibaly Moussa seulement vêtu d’une culotte gisait toujours sous le pont de Belleville. Outre les traces de balle, l’on découvre une entaille profonde au niveau de la cuisse droite. S’agit-il d’un règlement de compte ou d’une rixe qui a mal tourné ? En tout cas, seule l’enquête situera les responsabilités.

Mercredi 17 Août 2011
Le nouveau courrier

09:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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