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28/06/2011

Laurent Gbagbo, d’hier à aujourd’hui

On peut le comprendre ou non. On peut l’accepter ou le rejeter…On peut l’incriminer ou l’adorer. Laurent Gbagbo s’est fixé une ligne politique à l’égard de l’ex-puissance coloniale, dont il ne s’est jamais départi, jusqu’à son arrestation, le 11 avril 2011 par les Forces nouvelles, appuyées, justement, par l’armée française.
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On peut le comprendre ou non. On peut l’accepter ou le rejeter…On peut l’incriminer ou l’adorer. Laurent Gbagbo s’est fixé une ligne politique à l’égard de l’ex-puissance coloniale, dont il ne s’est jamais départi, jusqu’à son arrestation, le 11 avril 2011 par les Forces nouvelles, appuyées, justement, par l’armée française.

Il a payé, au prix fort son entêtement contre la puissante France, à réclamer des rapports justes et équitables entre les deux pays. Mais, dans l’histoire, il va assurément laisser une honorable empreinte voire une « sève » à laquelle viendront s’abreuver les futures générations, afin qu’un jour, les pays francophones, notamment d’Afrique et la France traitent d’égal à égal…Il reste néanmoins que contrairement aux idées répandues, ici et là, Laurent Gbagbo est un francophile convaincu et non un « francophobe », un dangereux idéaliste à abattre.

A travers cette interview, l’on peut appréhender, aujourd’hui, son attitude vis-à-vis de l’ex-colonisateur pendant ces 11 années de pouvoir. Il est resté constant, en refusant de « nager » dans les huiles toxiques de la fameuse Francafrique. Gbagbo Laurent, ancien chef de l’Etat était, à 34 ans, jeune Chercheur à l'Institut d'Histoire de l’Université d’Abidjan. Historien, Laurent Gbagbo « fait partie de la galerie de jeunes intellectuels ivoiriens qui ont entrepris d'interroger l'avenir à partir des vestiges du passé » écrivait, il y a 32 ans, le défunt magazine Ivoire-Dimanche.

Ses réflexions sur la conférence de Brazzaville éclairent d'un jour nouveau la politique coloniale française. Déjà, à cette époque, Laurent Gbagbo invitait la France à « ouvrir les vannes » faute de quoi, elle devrait faire face « à une guerre de libération révolutionnaire ». La crise militaro-politique qui a éclaté en 2002 et où la France a « une grande part de responsabilité » avait commencé à servir de terreau, en Côte d’Ivoire, à cette « guerre de libération révolutionnaire » que Laurent Gbagbo présidait en 1979.

Il stigmatisait déjà la mainmise de la France sur ses anciennes colonies, l’exploitation des ressources économiques, l’asservissement des populations, soulignant, à cet effet que « le principal problème pour la France était le contrôle de ses colonies » et « qu’aussi bien les matières premières que les hommes qui allaient au front, venaient des colonies. Il fallait donc absolument contrôler ces colonies ».

Gbagbo ne manque pas d’affirmer que « la plupart des lettrés des pays colonisés étaient très sensibles à la propagande soviétique qui était une propagande anti-colonialiste ». Jacques Chirac, ancien président français, dans le tome 2 de ses « mémoires », aura des mots assez durs contre Laurent Gbagbo qu’il ne parvenait pas à dompter… « De l’homme ( Laurent Gbagbo), je retire une impression mitigée de notre entretien. L’homme est comme toujours enveloppant de chaleur et de cordialité, mais sa franchise ne me parait pas garantie »… Ceci a expliqué cela.

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